Lens - Lille 29/04/2006

Compte-Rendu

   Si pour certains un derby se cantonne à deux fois 45 minutes entrecoupées de pubs pour le dernier rasoir tri-lames de chez Philips, pour nous, il débute plus d’un mois avant, pour finir souvent plusieurs jours après. Pour celui-ci, il durera même quelques semaines encore puisque ce derby se terminera le samedi 13 mai en Bretagne, à Rennes, ou nous verrons qui de nous deux sort vainqueur de ce match finalement !
   C’est donc 4/5 jours avant la venue de l’OM en mars dernier que nous nous organisons pour rejoindre Lens et ses terrils. Deux mois pour 40 bornes, on se doit en effet d’être plus que bon… d’être plus qu’au top puisque outre la place en Ligue des Champions à la clé, c’est avant tout la Suprématie Régionale qu’on va chercher. Montrer et démontrer en effet, qu’il n’y a qu’une seule ville au Nord de Paris et que cette ville c’est la Notre ! LILLE !!
   En moins de deux heures donc, deux bus sont pleins. De quoi alors espérer le meilleur. Tracts, pubs sur les forums et bien sur grosse comm’ en Tribune, le Celtique en guise de point de ralliement, on dépasse bien vite les 5 bus puis les 500 inscrits. Les venues successives d’Auxerre et de Bordeaux, respectivement 4ème et second nous permettront quasiment de doubler le nombre d’inscrits. Malgré l’annonce, à 15 jours du choc tant attendu, faite par la fameuse LFP, de décaler « au cas ou » nous irions en finale de Coupe de France ; ou mieux, de pousser au dimanche quinze heures la rencontre de toute une Région, personne ne déclarera forfait et ce sera donc 16 bus pleins (dont trois 100% RS) qui seront à gérer au mieux afin de nous rendre en Artois.
   Pari tenu ! La veille encore, 3 RS fignolent l’organisation du plus important déplacement fait par le Groupe : 906 personnes à répartir par section puis par affinités. Mission accompli et record battu : il est 1.00 du mat’ et enfin nous pouvons aller dormir pour se préparer au rush du lendemain. Qui croit encore qu’un match ne tient que sur 90 minutes ?
   La nuit aura été courte mais sous ce beau soleil d’avril, le meilleur est à venir croit-on. La pompe à bière est sortie. L’AG se peaufine. Le noyau arrive au compte goûte, bien tôt, afin d’aider aux ultimes préparatifs. Il est à peine onze heures et l’on n’se prive pas d’une Leffe pour masquer l’impatience du match le plus attendu de la saison. Et voilà les premiers supporters. On sent la tension monter. Le premier bus n’a pas trop de mal à faire son demi tour à l’entrée de la rue Royale. Une heure, un millier de lillois et une quinzaine de bus plus loin et c’est déjà plus tendu à satisfaire tout le monde. Impressionnant. Les 16 bus, 900 personnes sont prêtes, la bouteille de vodka black est tuée avant même que le bus ne commence à rouler. On décolle en chantant, en buvant… Bières, whisky, rosé, vodka, … de quoi remettre en condition nos Jimi barman, Max lover, Thyb’Alzheimer, Malabar chanteur en duo avec Sark sur le dernier d’Indo et les amoureux d’Westerloo… le tout dans une ambiance d’Halloween !
   À peine le temps de se vider la vessie et de prendre l’air pur sur la plate forme multimodale de Dourges qu’on repart, escorté d’à peine dix motards, direction Bollaaaeeeert, à 24 bus (RS-DVE)… le dernier ayant raté la sortie se fera péter une vitre… Mais une nouvelle fois, l’organisation est au top : le noyau assure soit pour distrib’ en un temps record les places, soit pour filer bâcher Rijsel Spirit. Le parcage se remplit. Mr Seydoux vient nous applaudir ainsi que nous féliciter. Y’a déjà du monde au grillage et les pom-pom girls nous amusent (big kiss à la grosse qui nous gratifiera d’un magistral fuck lorsqu’elle retournera se planquer dans son sous terrain… salope va !). Le tifo est de suite mis en place. Si pour les DVE, il s’agira de blinder le bloc de drapeaux rouges et blancs en diagonale, nous nous chargeons de brandir le « LILLE OSC » sur la partie haute. Parfait là encore.
   Vu du parcage, le tifo lensois représente bien sûr le 4ème opus de Tarantino revu et corrigé par les Tigers : « Kill Lille ». Le rendu est à la hauteur, le temps est très propice également, ça s’annonce terrible !!! Il ne faut pas 107 ans aux deux capos pour nous exciter. À peine le match lancé que Fred des DVE et notre Jim balancent un beau et grand « nous sommes les lillois !!! ». Ça bouge, ça donne envi. On sent de la cohésion, un certain dynamisme et pour accentuer la chose : un « tous ensemble », repris par toute la demi-Trannin, nous met d’avantage en condition. Si les DVE font bloc devant Fred, une dizaine seulement de RS s’amasse derrière la bâche rouge, le reste étant un peu plus éclaté, pas très loin. Malheureusement, Thomert plante Sylva à la 8ème minute. Bollaert, pourtant déjà lui aussi en forme, exulte. Le soleil couchant sur la Marek ravive d’autant plus du « sang et d’l’or » terne depuis notre remontée, il y a de ça six ans. Intégrer l’élite pour une saison revient à quoi ? Bisous à vos cousins de Valenciennes hein…
   C’est cependant pas ce but qui va nous refroidir… quoique… On a vraiment du mal à ressortir la tête de l’eau. L’arbitre (une nouvelle fois très pro-Lens) commence à nous saouler mais c’est bien pour le LOSC que les capos se démènent, on re-booste la tribune grâce à de bons, gros et forts « Lillois !!! » ainsi que d’un « aux armes » marquant véritablement la volonté d’égaliser avant la mi-temps. Le plongeon olympique de Cousin dans la surface, combiné par l’arbitre, une nouvelle fois de mèche, nous révoltera. Le penalty fait en effet craindre le pire. Montée de grilles et sifflements n’empêcheront pas le lensois de doublé le score. Explosions en Marek de tout un kop, pour l’occasion, uni. Coté lillois un gars bien rond bascule de l’autre côté de la grille. Intervention logique de la sécu. Il s’excuse et retombe dans le parcage sur un stadier. Étincelle dans ce nuage de tension ! Nouvelle intervention des stewards. 4/5 types les en empêchent mais tout aussi vite autant de gars se servent des drapeaux du tifo, pour carrément tabasser la dizaine de stadiers venus séparés l’émeute. Vingt gars donc, bientôt 50 et tout aussi rapidement 100 mecs qui se fight aux pieds de la grille. Véro se fait piétiner, Ninie, pour son premier dep’, claquer contre la grille, Kévin encore accroché à quatre mètres du sol se fait rapidement éjecter, Pix’ puis Max se font, eux, chouravent leur casquette. Les 2/3 d’la BAC se font une joie de filmer ça d’la Trannin niveau 1. Jim et Fred ont beau calmé tout le monde au méga ; le mouvement s’amplifie et monte dans les gradins. On doit avoir plus de 150 personnes qui se tabassent sans réellement savoir pourquoi. Ça s’bat toujours quand… troisième bu-bu-bu-bu-but lensois, le calme revient comme il était parti. Bollaert explose, 3-0 à la mi-temps, on est comme dégouté…
   Qu’importe !!! Nous ne sommes plus qu’une poignée de rescapés près de « Claire » qui excelle ; les autres sont à l’infirmerie où stadiers, secouristes et Pix réconfortent nos membres féminins. À chaque connerie arbitrale, Kévin, Kost, Thybe et Sark grimpent comme des singes hurler leur colère tandis que Jean-Claude se défoule sur le portier des boyaux rouch’ : « Itandje ! Domenech i’t’encule !!! ». Devant nous, à lui aussi faire le singe, ça fuse forcément : la fameuse banane pour Charles Itandje est toujours à la mode… Le mot d’ordre est tout de même clair : on est et on restera Fier de nos joueurs, de toutes façons on est 3ème ! Fred lance alors un « Si j’avais été lensois » reprit par (plus de) 2000 lillois, qui résonnera dans Bollaert ! Tigrous et 12 répondant par de « maaag-nifiques » sifflements… Dans la foulée, le tendu d’écharpes est repris par la plupart d’entre nous et… 3-1 !
   Bouffée d’oxygène pour nous Nordistes !! 40 minutes pour revenir au score, tout est possible, on n’a plus rien à perdre. On devient bon aux montées de grilles, ça fait du bien de pas y être pour une boulette, mais faut y descendre... Juste le temps que v’la le 4-1… pfff ça pique !! Mais ça va s’arrêter quand cette saloperie d’hémorragie ? Nouvelle embrouille cette fois à l’entrée de la tribune. On est tous à cran. Les joueurs aussi le comprennent et le jeu se durcit. L’ambiance n’y est plus, seuls le noyau soudé DVE et le notre reprend un beau petit chant. 2 minutes, puis 5, peut-être même 10… Le LOSC réduit la marque et relance l’ensemble d’un parcage qui comprend cependant vite qu’avec l’arbitre dans la poche, Lens risque de garder le score à son avantage. Les joueurs également et c’est plus que se durcir que le jeu devient puisqu’en parallèle d’une Nème embrouille en tribune, c’est sur le terrain que ça se frite. Tout l’monde s’y met forcément. Nous même, enfermés comme des bêtes dans ce bout de tribune, ressentons l’envie d’exploser. C’est le jeune Mirallas, à quelques mètres du parcage, qui nous régalera par une superbe manchette contre la blondasse de Dumont ! Drapeaux, briquets, pièces, piles, crachats, tout se retrouve ainsi dans le coin d’Itandje à cinq minutes de la fin du match. L’arbitre écourtera les arrêts de jeu à la vue de la grande tension sur le terrain. Les montées de grilles ne sont plus autorisées par la sécu, RAF, suffit que d’un pour grimper pour avoir vite fait 100 acharnés à scander « le LOSC !!! », fiers de nos joueurs, fiers de notre ville, de notre club, fiers d’être 3ème, fiers d’être lillois !!!
   S’en suivra l’habituel attente d’une demi-heure dans la Trannin, animée par une ou deux embrouilles, histoires de bien finir ce dép’ ! Le retour aux bus est bien évidement calme et de même pour celui vers Rijsel, quoique tout aussi arrosé qu’à l’aller, assez pour déclencher des charges avant/fond du bus. La sortie d’une cinquantaine d’indep’ sera tellement fliquée que rien ne se fera à la sortie du Stade… Arrivée Place Saint-André vers 21 heures 30… où tout le monde rejoindra s'carette et rintrera à s'baraque !! Score finale donc 4-2 pour l’ennemi juré, ambiance de feu en Tribune grâce aux deux capos, même à 3-0 ou 4-1. Animation constante et tension omniprésente, sans doute un des plus beaux derbys depuis 4/5 ans. Malgré forcément des regrets, davantage de dégoût pour ces 6.2., le « match » n’est pas fini. Rencart contre Lyon puis en Bretagne pour vérifier qui de nous deux sera devant l’autre…

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