Si pour certains un derby se cantonne à deux fois 45 minutes
entrecoupées de pubs pour le dernier rasoir tri-lames de chez Philips,
pour nous, il débute plus d’un mois avant, pour finir souvent plusieurs jours
après. Pour celui-ci, il durera même quelques semaines encore puisque ce
derby se terminera le samedi 13 mai en Bretagne, à Rennes, ou nous
verrons qui de nous deux sort vainqueur de ce match finalement !
C’est donc 4/5 jours avant la venue de l’OM en mars dernier que
nous nous organisons pour rejoindre Lens et ses terrils. Deux mois pour 40
bornes, on se doit en effet d’être plus que bon… d’être plus qu’au top
puisque outre la place en Ligue des Champions à la clé, c’est avant tout la
Suprématie Régionale qu’on va chercher. Montrer et démontrer en effet,
qu’il n’y a qu’une seule ville au Nord de Paris et que cette ville c’est la
Notre ! LILLE !!
En moins de deux heures donc, deux bus sont pleins. De quoi
alors espérer le meilleur. Tracts, pubs sur les forums et bien sur grosse
comm’ en Tribune, le Celtique en guise de point de ralliement, on dépasse
bien vite les 5 bus puis les 500 inscrits. Les venues successives d’Auxerre
et de Bordeaux, respectivement 4ème et second nous permettront
quasiment de doubler le nombre d’inscrits. Malgré l’annonce, à 15 jours du
choc tant attendu, faite par la fameuse LFP, de décaler « au cas ou » nous
irions en finale de Coupe de France ; ou mieux, de pousser au dimanche
quinze heures la rencontre de toute une Région, personne ne déclarera
forfait et ce sera donc 16 bus pleins (dont trois 100% RS) qui seront à
gérer au mieux afin de nous rendre en Artois.
Pari tenu ! La veille encore, 3 RS fignolent l’organisation du plus important
déplacement fait par le Groupe : 906 personnes à répartir par section puis
par affinités. Mission accompli et record battu : il est 1.00 du mat’ et
enfin nous pouvons aller dormir pour se préparer au rush du lendemain.
Qui croit encore qu’un match ne tient que sur 90 minutes ?
La nuit aura été courte mais sous ce beau soleil d’avril, le
meilleur est à venir croit-on. La pompe à bière est sortie. L’AG se
peaufine. Le noyau arrive au compte goûte, bien tôt, afin d’aider aux
ultimes préparatifs. Il est à peine onze heures et l’on n’se prive pas d’une
Leffe pour masquer l’impatience du match le plus attendu de la saison. Et
voilà les premiers supporters. On sent la tension monter. Le premier bus
n’a pas trop de mal à faire son demi tour à l’entrée de la rue Royale. Une
heure, un millier de lillois et une quinzaine de bus plus loin et c’est déjà
plus tendu à satisfaire tout le monde. Impressionnant. Les 16 bus, 900
personnes sont prêtes, la bouteille de vodka black est tuée avant même
que le bus ne commence à rouler. On décolle en chantant, en buvant…
Bières, whisky, rosé, vodka, … de quoi remettre en condition nos Jimi
barman, Max lover, Thyb’Alzheimer, Malabar chanteur en duo avec Sark
sur le dernier d’Indo et les amoureux d’Westerloo… le tout dans une
ambiance d’Halloween !
À peine le temps de se vider la vessie et de prendre l’air pur sur
la plate forme multimodale de Dourges qu’on repart, escorté d’à peine dix
motards, direction Bollaaaeeeert, à 24 bus (RS-DVE)… le dernier ayant
raté la sortie se fera péter une vitre… Mais une nouvelle fois,
l’organisation est au top : le noyau assure soit pour distrib’ en un temps
record les places, soit pour filer bâcher Rijsel Spirit.
Le parcage se remplit. Mr Seydoux vient nous applaudir ainsi que
nous féliciter. Y’a déjà du monde au grillage et les pom-pom girls nous
amusent (big kiss à la grosse qui nous gratifiera d’un magistral fuck
lorsqu’elle retournera se planquer dans son sous terrain… salope va !). Le
tifo est de suite mis en place. Si pour les DVE, il s’agira de blinder le bloc
de drapeaux rouges et blancs en diagonale, nous nous chargeons de
brandir le « LILLE OSC » sur la partie haute. Parfait là encore.
Vu du parcage, le tifo lensois représente bien sûr le 4ème opus
de Tarantino revu et corrigé par les Tigers : « Kill Lille ». Le rendu est à la
hauteur, le temps est très propice également, ça s’annonce terrible !!!
Il ne faut pas 107 ans aux deux capos pour nous exciter. À peine
le match lancé que Fred des DVE et notre Jim balancent un beau et grand
« nous sommes les lillois !!! ». Ça bouge, ça donne envi. On sent de la
cohésion, un certain dynamisme et pour accentuer la chose : un « tous
ensemble », repris par toute la demi-Trannin, nous met d’avantage en
condition. Si les DVE font bloc devant Fred, une dizaine seulement de RS
s’amasse derrière la bâche rouge, le reste étant un peu plus éclaté, pas
très loin. Malheureusement, Thomert plante Sylva à la 8ème minute.
Bollaert, pourtant déjà lui aussi en forme, exulte. Le soleil couchant sur la
Marek ravive d’autant plus du « sang et d’l’or » terne depuis notre
remontée, il y a de ça six ans. Intégrer l’élite pour une saison revient à
quoi ? Bisous à vos cousins de Valenciennes hein…
C’est cependant pas ce but qui va nous refroidir… quoique… On a
vraiment du mal à ressortir la tête de l’eau. L’arbitre (une nouvelle fois
très pro-Lens) commence à nous saouler mais c’est bien pour le LOSC que
les capos se démènent, on re-booste la tribune grâce à de bons, gros et
forts « Lillois !!! » ainsi que d’un « aux armes » marquant véritablement la
volonté d’égaliser avant la mi-temps. Le plongeon olympique de Cousin dans
la surface, combiné par l’arbitre, une nouvelle fois de mèche, nous
révoltera. Le penalty fait en effet craindre le pire. Montée de grilles et
sifflements n’empêcheront pas le lensois de doublé le score. Explosions en
Marek de tout un kop, pour l’occasion, uni. Coté lillois un gars bien rond
bascule de l’autre côté de la grille. Intervention logique de la sécu. Il
s’excuse et retombe dans le parcage sur un stadier. Étincelle dans ce
nuage de tension ! Nouvelle intervention des stewards. 4/5 types les en
empêchent mais tout aussi vite autant de gars se servent des drapeaux du
tifo, pour carrément tabasser la dizaine de stadiers venus séparés
l’émeute. Vingt gars donc, bientôt 50 et tout aussi rapidement 100 mecs
qui se fight aux pieds de la grille. Véro se fait piétiner, Ninie, pour son
premier dep’, claquer contre la grille, Kévin encore accroché à quatre
mètres du sol se fait rapidement éjecter, Pix’ puis Max se font, eux,
chouravent leur casquette. Les 2/3 d’la BAC se font une joie de filmer ça
d’la Trannin niveau 1. Jim et Fred ont beau calmé tout le monde au méga ;
le mouvement s’amplifie et monte dans les gradins. On doit avoir plus de
150 personnes qui se tabassent sans réellement savoir pourquoi. Ça s’bat
toujours quand… troisième bu-bu-bu-bu-but lensois, le calme revient
comme il était parti. Bollaert explose, 3-0 à la mi-temps, on est comme
dégouté…
Qu’importe !!! Nous ne sommes plus qu’une poignée de rescapés près de
« Claire » qui excelle ; les autres sont à l’infirmerie où stadiers,
secouristes et Pix réconfortent nos membres féminins. À chaque connerie
arbitrale, Kévin, Kost, Thybe et Sark grimpent comme des singes hurler
leur colère tandis que Jean-Claude se défoule sur le portier des boyaux
rouch’ : « Itandje ! Domenech i’t’encule !!! ». Devant nous, à lui aussi faire
le singe, ça fuse forcément : la fameuse banane pour Charles Itandje est
toujours à la mode…
Le mot d’ordre est tout de même clair : on est et on restera Fier
de nos joueurs, de toutes façons on est 3ème ! Fred lance alors un « Si
j’avais été lensois » reprit par (plus de) 2000 lillois, qui résonnera dans
Bollaert ! Tigrous et 12 répondant par de « maaag-nifiques » sifflements…
Dans la foulée, le tendu d’écharpes est repris par la plupart d’entre nous
et… 3-1 !
Bouffée d’oxygène pour nous Nordistes !! 40 minutes pour
revenir au score, tout est possible, on n’a plus rien à perdre. On devient
bon aux montées de grilles, ça fait du bien de pas y être pour une
boulette, mais faut y descendre... Juste le temps que v’la le 4-1… pfff ça
pique !! Mais ça va s’arrêter quand cette saloperie d’hémorragie ? Nouvelle
embrouille cette fois à l’entrée de la tribune. On est tous à cran. Les
joueurs aussi le comprennent et le jeu se durcit. L’ambiance n’y est plus,
seuls le noyau soudé DVE et le notre reprend un beau petit chant. 2
minutes, puis 5, peut-être même 10…
Le LOSC réduit la marque et relance l’ensemble d’un parcage qui
comprend cependant vite qu’avec l’arbitre dans la poche, Lens risque de
garder le score à son avantage. Les joueurs également et c’est plus que se
durcir que le jeu devient puisqu’en parallèle d’une Nème embrouille en
tribune, c’est sur le terrain que ça se frite. Tout l’monde s’y met
forcément. Nous même, enfermés comme des bêtes dans ce bout de
tribune, ressentons l’envie d’exploser. C’est le jeune Mirallas, à quelques
mètres du parcage, qui nous régalera par une superbe manchette contre la
blondasse de Dumont ! Drapeaux, briquets, pièces, piles, crachats, tout se
retrouve ainsi dans le coin d’Itandje à cinq minutes de la fin du match.
L’arbitre écourtera les arrêts de jeu à la vue de la grande tension sur le
terrain. Les montées de grilles ne sont plus autorisées par la sécu, RAF,
suffit que d’un pour grimper pour avoir vite fait 100 acharnés à scander
« le LOSC !!! », fiers de nos joueurs, fiers de notre ville, de notre club,
fiers d’être 3ème, fiers d’être lillois !!!
S’en suivra l’habituel attente d’une demi-heure dans la Trannin, animée par
une ou deux embrouilles, histoires de bien finir ce dép’ !
Le retour aux bus est bien évidement calme et de même pour
celui vers Rijsel, quoique tout aussi arrosé qu’à l’aller, assez pour
déclencher des charges avant/fond du bus. La sortie d’une cinquantaine
d’indep’ sera tellement fliquée que rien ne se fera à la sortie du Stade…
Arrivée Place Saint-André vers 21 heures 30… où tout le monde
rejoindra s'carette et rintrera à s'baraque !!
Score finale donc 4-2 pour l’ennemi juré, ambiance de feu en
Tribune grâce aux deux capos, même à 3-0 ou 4-1. Animation constante et
tension omniprésente,
sans doute un des plus beaux
derbys depuis 4/5 ans.
Malgré forcément des
regrets, davantage de
dégoût pour ces 6.2., le
« match » n’est pas fini.
Rencart contre Lyon puis en
Bretagne pour vérifier qui de
nous deux sera devant
l’autre…
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